34 photos

AGENDA PROGRAMMATION


jusqu'au Samedi 23 Janvier 14h30 - 18h30 sauf le Dimanche
Exposition.
Jacques Renoir - Eaux vives

JACQUES RENOIR : LE DOUBLE APPEL
Jacques est mon mari. Il me demande d'écrire un texte sur son travail. Plus précisément sur cette exposition, Eaux vives, dont je connais bien les photographies pour les avoir vues dans son atelier ou sur le terrain en train d'être prises.
J'accepte d'emblée, même si je suis dans une position doublement délicate en tant qu'épouse du photographe et participante à l'exposition. Nous avons en effet réalisé une ½uvre en commun, un diptyque photographie-poésie. A lui les images, à moi les mots. Cette ½uvre est Le Lac.
J'accepte d'emblée parce que j'aime ce qu'il fait. Et comment il le fait. Mais aussi parce que c'est l'occasion pour moi de porter sur ses images un autre regard, non plus contemplatif mais analytique. Et à sa façon, conforme à cet « au-delà du regard » dont Jacques se réclame.
J'ai sous les yeux l'ensemble de ses Eaux vives. Je les détaille longuement.

Il me semble qu'il y a dans ses photographies un double appel qu'on pourrait tenir pour contradictoire si l'on n'en éprouvait l'intensité. Ce double appel est celui de la fixité et du mouvement, de l'instant et de la durée, du suspens et du cours. En somme celui d'une statique et d'une dynamique.
Je regarde la photographie des enfants sautant dans les jets d'eau. Un arrêt sur image. Un élan qui se poursuit au-delà de l'image. L'arrêt ne bloque rien. Au contraire il exhibe dans une surprenante précision ce que l'½il ne peut saisir : l'égrènement de chaque goutte d'eau dans la verticalité d'un jet. Mais cette attention si prenante à la présence, s'allie à une impétuosité que rien ne peut empêcher. Or c'est là une constante de la pratique photographique de Jacques. Fouiller un point de vue en variant les techniques, les perspectives, les lumières, les couleurs, jusqu'à trouver ce point profond qui est la naissance d'une visibilité neuve. Et la lancer dans son mouvement propre.

A l'évidence il n'a jamais quitté son métier de cinéaste, même dans la photographie. Au contraire. Il l'y sublime.
C'est perceptible en ce que chacune de ses images, intentionnellement dit-il, raconte une histoire. Que cela soit une photographie unique comme celle d'un couple minuscule sur une plage, entre galets et eau, de la Promenade des Anglais, ou que cela soit dans le choix d'une série de photographies associées, en deux, trois, cinq, ou même douze images comme pour Le Lac.
Dans la photographie unique, c'est le détail qui bouleverse les aplats du paysage marin et qui suggère l'écoute d'un échange intime.
Dans le cas des séries, comme par exemple dans les trois photographies d'Harlem sous la pluie, c'est le combat qui est capté, en des scènes de rue où les passants luttent contre une averse. Dans les douze photographies du Lac, c'est, cliché après cliché, la lente venue de l'orage tombant sur son propre reflet, à la surface d'un lac.

Toutefois je crois que sa relation au cinéma se fait la plus forte lorsque l'ensemble de ses photographies uniques ou appareillées, sont elles-mêmes mises en scène autour d'un thème. Celui-ci lui permet en effet d'embrasser dans un mouvement unique et supérieur toutes les déclinaisons qu'il souhaite. Cette cinétique des cinétiques n'est plus simplement narrative mais existentielle car elle inclut tous les possibles. Les Eaux vives se trouvent ainsi circonscrites, comme par une caméra circulaire et elles s'énumèrent en joie de vivre, en éclaboussures, en menace d'orage, en recherche d'abri, en paisible contemplation, en bruissement de ruisseau.
Pour autant le double appel n'en résonne pas moins jusque-là. Car, en sa force et son paradoxe, le mouvement embrassant pénètre dans la matière et y trouve une essentialité statique, à la limite de l'abstraction. Juste à la limite. C'est elle qui saisit dans les gerbes de la tempête Alex la puissance élémentaire de l'eau, supérieure à toute humanité. Ou dans la somptuosité des couleurs du désastre, le vert profond des eaux mortelles.

Claude Montserrat-Renoir
Philosophe
Nice, Novembre 2020.

jusqu'au Samedi 30 Janvier 14h30 - 18h30 sauf le Dimanche
Exposition.
Silva Usta : Femmes pionnières
Si parfois dans l'histoire de l'humanité on a pu penser que les femmes sont apparues au XXème siècle dans leur désir d'affirmation d'une identité libre, Silva Usta nous rappelle dans son précieux travail que, de tous temps, les femmes ont joué leur rôle dans tous les domaines, de la connaissance, de la création, de la Vie…
Ces femmes pionnières ont fait basculer l'histoire de l'humanité..


Le pionnier étymologiquement est celui qui marche : d'abord un fantassin, puis celui qui met en valeur de nouvelles terres, enfin l'aspect métaphorique devient primordial, il fait avancer, progresser l'humanité. Le féminin de ce mot donne aux différentes actions de femmes courageuses cette dimension humaniste libératrice.

Silva crée, avec un c½ur en perpétuel travail, une interaction constante entre les siècles et la pluralité des parcours.
Certains noms célèbres et d'autres plus voilés participent de cette unité universelle. La volonté, le défi et la persévérance sont les moteurs d'un changement fondamental : vivre librement sa vie et choisir son destin !
Silva nous présente ces femmes dans leur diversité et individualité singulière, comme elle est elle-même une artiste protéiforme.

Une technique précise les rassemble : l'utilisation du feutre noir bien-sûr et le choix du tulle collé sur les dessins. N'exprime-t-il pas cette légèreté de l'être, cette féminité qui refuse de s'engluer dans les ravins de la colère ? Certes ces Pionnières ont pu vivre la soif comme la faim, les rires comme les larmes, les blessures et/ ou la douceur mais elles se maintiennent ouvertes sur leur seuil et l'avenir reste Lumière.

Silva nous rend sensible à cette nuit et à cette lumière.
Dans le désert s'ouvre une oasis où Vie et Création font goûter l'infinie saveur de la Vie.
icole Deleu.


La Galerie Depardieu. Galerie. Nice

La Galerie Depardieu


Galerie

Ouvert du lundi au samedi de 14h30 à 18h30

6, Rue Du Docteur Jacques Guidoni
(ancien Passage Gioffredo)

Nice

Tél. +33 (0) 966 890 274

http://www.galerie-depardieu.com
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